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16 sept. 12h15. Table ronde "Quand les Relations Publics passent à l'offensive". Réflexions autour du concept de Politique de Contre-Relations Publics




"Influence Offensive" Réflexions autour du concept de Politique de Contre-Relations Publics"


Les Relations Publics peuvent être définies comme étant un ensemble de techniques visant à orienter la perception et/ou le comportement d’individus ayant une influence, directe ou indirecte, sur l’évolution d’un marché.
Il s’agit en conséquence d’un levier potentiellement hostile qui – via la position des parties prenantes – peut infléchir le système de normes, valeurs et croyances qui soutient le modèle économique d’une entreprise.


Il n’existe, à ce jour, aucun marché, aucune organisation, qui puissent se prétendre à l’abri des effets consécutifs à un usage offensif des relations publiques. Une telle démarche induit un emploi subversif de la communication dans le but de compliquer, sinon briser, la position d’un rival en sapant les fondements sur lesquels s’appuie son modèle économique. On peut vendre le meilleur produit, au meilleur prix, et néanmoins crouler sous une campagne de retournement méthodique des soutiens stratégiques.

Un journaliste, un scientifique… peut moduler la perception du public à l’égard des OGM et, ce faisant, soutenir ou encore entraver la commercialisation des semences transgéniques sur un marché.
Une défense significative du champ réglementaire et normatif implique en conséquence d’ajouter au contrôle des institutions, celui de l’opinion.

Un élu peut en effet adhérer au lobbying d’un semencier et être néanmoins contraint de rétropédaler du fait d’une pression trop forte, émanant d’une opinion séduite par des arguments diffusés et rediffusés en boucle via un maillage de blogs militants anti-OGM.

La littérature militaire et stratégique analyse à cet égard nombre d’offensives exécutées par voie d’opinions. L’affaiblissement des positions américaines au Vietnam, par exemple, a été perçu par nombre de stratèges comme étant consécutif à une couverture médiatique inadéquate. Et par conséquent responsable de mobilisations antiguerre sur le sol américain. Richard Nixon ira d'ailleurs jusqu’à postuler qu’il s’agissait là d’une subversion orchestrée par Moscou, en vain… Mais preuve a été faite qu’une armée puissante pouvait plier face à un retournement méthodique des soutiens stratégiques.

La commercialisation du MON 810 est quant à elle indexée à la position du grand public à l’égard des OGM. Les ONG, associations et autres lobbies jouent en conséquence un rôle crucial en produisant, ventilant et légitimant des données, concepts et référentiels permettant à chacun d’appréhender les enjeux relatifs aux biotechnologies végétales. Les efforts de valorisation – ou au contraire de disqualification – des OGM à travers ouvrages, colloques et études entrent clairement dans cette logique.
Et pas seulement lorsqu’ils ciblent la thématique, mais également lorsqu’ils abordent une dimension satellite : un colloque sur la famine mondiale par exemple, ou sur le développement durable, peut générer une position déterminante encline à produire un consensus transpartisan.

Une politique de "contre relations publiques" (CRP) implique en conséquence de cartographier l’ensemble des normes, valeurs et croyances qui soutiennent le modèle économique de l’entreprise.

La conviction – au sein des élus, experts et citoyens – que l’énergie nucléaire est peu coûteuse, sûre et garante d’autonomie, constitue par exemple trois piliers incontournables pour l’industrie de l’atome : touchez une de ces colonnes et le marché se mettra immanquablement à trembler.
Une fois le champ fixé, il convient d’identifier tout élément à même de fragiliser sinon pulvériser un des appuis clefs. Un incident au sein d’une centrale induit ainsi quasi mécaniquement une séquence de remise en cause du choix énergétique : soit une période propice aux offensives anti-nucléaires et aux retournements furtifs d’opinions. Idem, lorsque l’Allemagne – première puissance économique européenne – entame une démarche de transition énergétique.

Le risque étant notamment de voir émerger une reconfiguration des normes, valeurs et croyances à contrecourant des intérêts de l’atome, autrement dit, favorable à l’implantation d’énergies rivales. Un élément fragilisateur peut également s’avérer de faible intensité, à l’instar d’un ouvrage, d’un blog ou d’une intervention télévisée : ce qui ne signifie pas pour autant que l’impact, lui aussi, sera de faible intensité. La "logique paradoxale" de l’influence favorise en effet les équations asymétriques et conduit, par voie de conséquences, à de nombreuses surprises stratégiques.

La cartographie des normes, valeurs et croyances doit ainsi conduire l’entreprise à opérer une manœuvre en trois volets :
(1) surveillance systématique de tout élément susceptible d’avoir un effet – direct ou indirect - sur un des éléments critiques de l’infrastructure ;
(2) sécurisation des normes, valeurs et croyances qui soutiennent le modèle économique de l’entreprise (soutien, montage et infiltration des structures clefs) ;
(3) intervention en cas d’éventuelle menace de perturbation (manœuvres de contre-influence). La finalité étant d’aboutir à un dôme informationnel et cognitif à même de défendre le marché en dépit des multiples perturbations dont il pourrait faire l’objet.

Une politique de CRP a ainsi schématiquement pour objet d’empêcher qu’un pilier ne vacille sous un éventuel mouvement d’opinion hostile.

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